Le clan des Otori – Tomes 1 à 3



Titre : Le clan des Otori
Titre original : Tales of the Otori
Auteur : Lian Hearn
Genre : Aventure, Fantasy, Fantastique
Editeur : Gallimard
Année d’édition : 2013
Nombre de tomes : 5

Résumé : Dans sa forteresse d’Inuyama, le Seigneur Iida Sadamu est protégé par le fameux «parquet du rossignol» qui conduit à sa chambre. Construit avec un art consommé, ce parquet chante dès qu’on l’effleure. Aucun assassin ne peut le franchir sans qu’Iida l’entende …

Au XIVe siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit au sein d’une communauté paisible qui condamne la violence. Mais celle-ci est massacrée par les hommes d’Iida, chef du clan des Tohan. Takeo, sauvé par sire Shigeru, du Clan des Otori, se trouve plongé au cœur de luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre.
Il doit suivre son destin.
Mais qui est-il ? Paysan, seigneur ou assassin? D’où tient-il ses dons prodigieux ? Lorsqu’il rencontre la belle Kaede, un amour fou naît entre les deux jeunes gens : devra-t-il choisir entre cet amour, sa dévotion à sire Shigeru et son désir de vengeance ? Sa quête le mènera jusqu’à la forteresse d’Inuyama, lorsqu’il marchera sur le  » parquet du Rossignol « . Cette nuit-là, le rossignol chantera-t-il ?

Lire le commentaire général des tomes 1 à 3 (sans spoiler)
Lire le commentaire sur le tome 1 – Le Silence du rossignol
Lire le commentaire sur le tome 2 – Les Neiges de l’exil
Lire le commentaire sur le tome 3 – La Clarté de la lune

Lire le commentaire général des tomes 1 à 3 

J’avais commencé à lire cette saga il y a près de 15 ans, et je l’avais adorée. Je m’étais arrêtée au tome 2 parce qu’une fois le tome 3 enfin sorti… Je n’avais plus que très peu de souvenirs des épisodes précédents et qu’il me fallait trouver la motivation de les relire pour pouvoir suivre. Or, je n’ai trouvé cette motivation qu’en 2019. Je ne me souvenais strictement rien des deux premiers tomes, si ce n’est l’histoire d’un parquet chantant et d’un Japon féodal fantastique.
Je l’ai donc recommencé avec la peur d’être déçue, qu’avec mon oeil adulte les choses ne passent plus comme dans ma jeunesse… Peur infondée, pour le début du moins. J’ai été ravie de redécouvrir la plume fine et agréable de l’autrice, et la beauté de ses descriptions. Je salue au passage le traducteur pour son travail – puisque je l’ai lu en français – c’est vraiment agréable à lire et très esthétique. Lian Hearn maîtrise vraiment l’art de nous peindre un Japon de carte postale, que ce soit dans ses paysages, dans ses plats ou encore dans ses objets délicats du quotidien. Même moi qui, après huit ans vécus au Japon, peux être un peu blasée par ces images clichés, j’ai adoré les descriptions et l’ambiance du roman.
L’histoire est très rapidement prenante, avec son lot de rebondissements surprenants et bien amenés, on ne s’ennuie pas. J’ai relu le premier opus avec un enthousiasme absolument intacte comparé à celui de ma jeunesse, à quelques différences de ressenti près, et j’étais très heureuse de redécouvrir la richesse de cette saga.
Malheureusement, je ne peux pas dire que j’ai trouvé les tomes suivants à la hauteur du premier. Si Kaede devient de plus en plus intéressante, Takeru lui, m’est devenu de plus en plus indifférent… pour devenir complètement antipathique sur le troisième tome. Et malheureusement, on le voit de plus en plus, au détriment de Kaede complètement éclipsée. Son arrogance a fini par avoir raison de moi, et plus j’avançais et plus je me demandais en quoi il était si extraordinaire. Il est l’Élu, celui que tout le monde aime et que tout le monde veut protéger à tout prix mais… Au fur et à mesure des livres, on commence à se demander franchement pourquoi. Pour parler franchement, il m’apparaissait juste comme un petit con vaniteux qui se laisse porter par ses différents alliés en récolant tout le crédit, plutôt qu’un vrai héros charismatique qui accomplit vraiment des trucs par lui-même. Et c’est dommage, car le personnage féminin de Kaede dénonce beaucoup d’injustice envers les femmes qu’on dépossède de tout, prend les choses en mains, se bat pour ce qu’elle veut sauver… pour finir complètement mise de côté au profit de l’homme qu’elle aime éperdument. Et en perdant mon attachement pour le héros, j’ai fini par petit à petit me désintéresser de son destin. Même s’il existe un tome 4 et un tome 5, l’histoire pourrait tout à fait s’arrêter au tome 3 qui trouve déjà une conclusion à l’intrigue. J’ai hésité à lancer la suite pour avoir une vision d’ensemble sur toute la saga, mais… J’avais envie de passer à autre chose. Je tenterai peut-être l’aventure plus tard, notamment le prequel qui traite l’histoire de Shigeru, un personnage que j’avais beaucoup apprécié.
N’hésitez pas, si vous vous avez lu les deux autres tomes, à me dire ce que vous en avez pensé et si ça vaut le coup de poursuivre.

Commentaire sur le tome 1 – Le Silence du Rossignol  : J’ai déjà donné un gros aperçu de mon ressenti après la lecture du tome 1, mais vraiment, il est très bon. L’écriture est agréable, fluide, précise, avec des descriptions enchanteresse du Japon. C’est captivant : le pouvoir de Takeo et la façon dont il va s’en servir, les guerres de clans, ce Japon féodal à la fois fidèle et fantastique. J’ai adoré le cadre. Même des aspects de l’époque moins connus du grand public – comme par exemple la mise à l’écart du peuple qui tannait le cuir – y sont intégrés avec brio.
Je n’ai pas apprécié le personnage féminin principal tout de suite, j’ai trouvé son coup de foudre tout feu tout flamme avec Takeo un peu trop fulgurant sans raison – voire niais – et ça ne m’a pas du tout touchée (alors que j’adorais leur histoire d’amour plus jeune, comme quoi il suffit juste d’un état d’esprit pour faire la différence). Par contre, Kaede devient assez vite bien plus intéressante, jusqu’à créer la véritable surprise sur la fin. Un retournement de situation que j’ai vraiment beaucoup aimé et qui a achevé d’en faire une belle héroïne à les yeux.
Quant à Takeo, on se plaît à suivre son initiation auprès de Shigeru. Shigeru qui fait de loin partie de mes personnages préférés de la saga.
Il y a des enjeux, des péripéties, des coups de théâtre, c’est rythmé, ça se lit vite… Bref, tout pour me plaire.
Et le premier tome nous laisse sur des événements explosifs, qui nous brisent le coeur et nous tiennent en haleine, alors on ne demande qu’à lire la suite.

Extraits :

La mort vient sans prévenir et la vie est fragile et éphémère. Personne n’y peut rien y changer, que ce soit par des prières ou des formules magiques.Les enfants pleurent face à cette réalité, mais les hommes et les femmes ne pleurent pas. Ils doivent endurer ce qui advient.

Le cheval se cabra en hennissant quand il sentit l’odeur du sang. Iida resta en selle, aussi impassible que s’il était en fer. Une armure noire le couvrait des pieds à la tête, des bois de cerf couronnaient son casque. Il portait une courte barbe noire sous sa bouche cruelle. Ses yeux brillaient, comme ceux d’un homme traquant du gibier.
Ces yeux étincelants rencontrèrent les miens. Je compris d’emblée deux choses : d’abord, que cet homme ne redoutait rien au ciel ou sur la terre , ensuite, qu’il tuait pour le plaisir de tuer. Maintenant qu’il m’avait vu, tout espoir était perdu.

Commentaire sur le tome 2 – Les Neiges de l’exil : Contrairement au premier tome qui est très rythmé, le second est un peu plus lent. Il ressemble beaucoup à un opus de transition, une période de préparation des personnages afin de pouvoir affronter les obstacles du tome suivant.
Ainsi, j’ai trouvé Takeo un peu mou et inintéressant dans ce tome. Déjà il est absent sur quasiment les 120 premières pages du livre, et ensuite il ne fait que passer d’un endroit à un autre pour s’entraîner, tenter de devenir plus fort et aller à la recherche d’alliés.
A contrario, le destin de Kaede est vraiment passionnant, j’ai dévoré chaque chapitre qui lui était destiné. Elle prend les choses en main, elle s’affirme, elle se bat pour défendre ce qu’elle aime et reprendre ce qui lui appartient. Elle casse les codes en s’autorisant des activités réservés qu’aux hommes (l’écriture et la lecture des kanji, par exemple). Elle vit des choses difficiles, mais elle reste toujours forte et assez rusée pour trouver une solution. Pour moi, elle est encore une fois la véritable héroïne de ce tome, féministe, avant-gardiste et activiste… Toutefois, très ironiquement, à la fin Takeo reste le héros facile, l’Elu annoncé dans une prophétie, celui que tout le monde attendait et qui est censé sauver tout le monde.
Cliché que j’ai trouvé dommage, surtout après tout le travail fait sur le personnage de Kaede.
Malgré tout, l’histoire reste très prenante, pleine de surprises, et on se demande vraiment comment tout ça va se finir.

Extraits :

« -Peut-il empêcher la venue du printemps? Peut-il interdire à la neige de fondre à la belle saison?
-Les hommes aiment à penser qu’ils en sont capables. Pour parvenir à leurs fins, les femmes doivent flatter cette illusion et non la combattre. »

« La mort vient sans prévenir et la vie est fragile et éphémère. Personne ne peut rien y changer, que ce soit par des prières ou des formules magiques. » C’était la fragilité de la vie qui la rendait si précieuse. Notre bonheur était d’autant plus intense que nous le savions menacé.

Commentaire sur le tome 3 – La Clarté de la lune : Patatra. C’est à partir de ce tome là que j’ai complètement décroché. J’ai trouvé Takeo imbuvable et bouffi d’arrogance… Malheureusement, si les précédents tomes alternent régulièrement les points de vue de Takeo et Kaede, là il faut arriver jusqu’à la moitié du livre avant d’avoir un autre point de vue que le sien.
Et comme je trouvais qu’il avait pris la grosse tête et qu’il était insupportable, ça a rendu la lecture plutôt pénible et j’ai peiné à poursuivre à plusieurs reprises.
Ce n’est qu’une fois arrivée à la moitié, quand on reprend le point de vue et les péripéties d’autres personnages que j’ai réussi à me remettre dedans.
Grosse déception également du côté de Kaede… On nous a construit une héroïne fantastique pendant deux tomes, alors on attend qu’elle vienne apprendre la vie à tous ses ennemis avec sa combativité sans faille et… Non. Kaede subit ce tome 3. Il lui arrive drame après drame, mais elle reste en position de victime et ça m’a terriblement frustrée. A quoi a servi toute son évolution si c’est pour la détruire ?
C’est très subjectif comme jugement, peut-être que je me suis trop attachée à ce personnage et que j’en attendais trop.
Au final, tout se passera comme annoncé dans la prophétie, et même entouré par ses ennemis, Takeo gagnera pour devenir le héros que tout le monde attendait… grâce à un tremblement de terre. Amère, j’ai fini par me dire qu’il n’accomplissait vraiment pas grand chose par lui-même, pour un Elu.
J’ai quand même apprécié la lecture de ce tome, j’ai été prise par le suspense des batailles, j’ai pleuré quelques alliés perdus ou quelques destins cruels. Je ne peux donc pas dire que ce livre est mauvais et que je l’ai détesté, cela reste une lecture très intéressante et divertissante.
Juste que tout soit basé sur un héros de plus en plus prétentieux et dicté par ses hormones alors que d’autres personnages étaient bien plus méritants ou intéressants (selon moi) m’a énormément frustrée. Après, j’ai conscience que mes reproches sont très subjectifs et sont entièrement basés sur mon attachement ou non aux personnages donc je ne peux que vous inviter à lire cette saga pour vivre les événements à votre manière et vous faire votre propre avis.

Extraits :

Si quelqu’un se bat avec l’énergie du désespoir, il survivra. S’il essaie de survivre, il mourra.

Tous les jeunes gens commettent des erreurs. Nous sommes voués par le destin à vivre avec leurs conséquences.

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